Giacometti au musée de Grenoble, l’accessible grandeur

Le froid, l’enfermement, la fragilité, la beauté, tous ces mots sont ceux que j’ai entendus de la bouche des visiteurs de l’exposition Giacometti. Ces quelques expressions volées au gré de conversations peuvent paraître bien froides, pourtant loin de moi l’envie de vous décourager d’aller découvrir le travail de ce maitre de la sculpture contemporaine (bien au contraire !), Giacometti c’est un peu ça mais aussi bien d’autre chose encore…

Le musée a choisi de le présenter le travail de ce grand artiste de façon à la fois  didactique et impressionnante. Je m’explique. Certaines salles nous permettent de découvrir les étapes de la réalisation d’une sculpture par ce maître de la sculpture contemporaine. A travers des photographies de son atelier (certaines prises par Man Ray lui-même), des esquisses (parfois faites à même le mur de son atelier, mur que l’on a apporté dans le musée), on découvre toute la généalogie de son travail, notamment pour «  La Cage ». J’ai apprécié de pénétrer dans « l’intimité » du travail de l’artiste. Grâce aux cartels, aux textes, au livres consultables, et à l’organisation générale des salles et des œuvres, on comprend bien le travail de cet homme dont la réflexion artistique peut pourtant, au premier abord, paraitre difficilement accessible.

https://i0.wp.com/www.museedegrenoble.fr/uploads/Image/60/12859_247_Giacometti-La-Cage-.jpgLa Cage, 1950. Bronze peint, Musée de Grenoble

J’aimerai également attirer l’attention du futur visiteur sur la dernière salle de l’exposition dans laquelle une présentation du travail de restauration est faite. On oublie trop souvent que les œuvres d’art sont fragiles et que même lorsqu’elles ne sont pas exposées les musées en prennent grand soin. En effet, la restauration des tableaux et autres sculptures est l’un des rôles essentiels des musées, activité qui fait partie de la conservation et que le spectateur a parfois tendance à oublier, se désolant de ne pas voir certaines œuvres exposées de façon permanente.

Mais ce qui m’a le plus touché dans cette exposition ce sont ces salles où seul reposait de très grandes œuvres permettant ainsi de les découvrir dans toute leur monumentalité. La peinture grise des murs et la lumière accentuant les reliefs torturés des surfaces. Bien qu’elles soient toutes intéressantes, je ne présenterai ici que l’une des sculptures :  la « femme debout ». C’est de loin celle qui m’a le plus marquée. Lorsque je repense à cette exposition c’est l’image de cette figure qui m’apparait en premier. Le cartel de cette (très) haute sculpture la qualifie de « grande déesse primitive », cette « géante » a un aspect irréel. La disproportion du corps, avec cette petite tête, ces hanches larges et ses épaules étroites donne l’impression qu’elle est issue d’un autre monde. Je dois avouer être resté longtemps à regarder cette œuvre et à en observer chaque détail…

https://i0.wp.com/www.franceinfo.fr/sites/default/files/imagecache/462_ressource/2013/03/26/931793/images/ressource/Grande%20femme%20IV,%201960-1961%20ok.jpg

Grande femme IV, 1960-1961. Bronze fonte 1980-1981, épreuve Fondation Alberto et Annette Giacometti. Collection Fondation Giacometti, inv. 1994-0174 photo Jean-Pierre Lagiewski

Musée de Grenoble
5 place Lavalette 38000 Grenoble

http://www.museedegrenoble.fr/

Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h

Toutes les photographies de cet article sont issues du site internet du musée de Grenoble.

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Ce contenu a été publié dans Grenoble, Les villes qu'on aime par Aurore Drouhin, et marqué avec , , , . Mettez-le en favori avec son permalien.

A propos Aurore Drouhin

Doctorante en histoire de l'art médiévale, Aurore aime autant admirer les sculptures romanes et gothiques que les nerdy nummies. Pocahontas des temps modernes, elle apprécie de découvrir, au détour de la rivière, de nouvelles expériences artistiques et sensorielles. Spécialisée dans l'étude des images de dévotion sculptées, elle s'intéresse autant à la chrétienté du monde occidental qu'au Dieu de Battlestar Galactica. Elle aime parcourir le vaste monde du spectacle vivant à la recherche de projets innovants, ses bottines pailletées vissées aux pieds. Pour cette passionnée de phénomènes inexplicables, parler d'art ne se limite pas seulement à analyser froidement des formes et des couleurs, il s'agit de raconter une expérience sensible...

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