Pure Evil Gallery – Street Art pas si méchant.

Poursuivons notre pèlerinage artistique dans l’Est de Londres avec la Pure Evil Gallery, à l’initiative du street-artist local antonyme – qui fait en quelque sorte partie de l’élite londonienne du genre, avec Banksy, Eine et D*face. D’ailleurs, plus nous nous rapprochons de cette galerie, plus les murs des rues semblent signés… Nous notons même une fresque de Frank Shepard, créateur du célèbre obey, juste en face de la porte.

Pure Evil nous accueille dès l’entrée, où plutôt dès la vitrine, par des affiches à message signées Typoretum parmi lesquelles se trouve le très apprécié slogan « Leave East die young », sorte de signe de ralliement pour les artistes des banlieues Est. Poussons la porte.

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Le lieu est organisé en… disons trois ou quatre espaces, si l’on compte le bout de couloir/cage d’escalier où s’entassent différents travaux hétéroclites. Les pièces – celle de l’entrée en deux parties, délimitées par quelques marches, et le sous-sol – sont petites, et tout aussi désordonnées. Chaque recoin est chargé de prods, parfois posées à même le sol, parfois works in progress, parfois à vendre, parfois non, parfois engagées, parfois juste absurdes, donnant à la galerie un aspect d’espace de création brute, pure. Surtout lorsque l’on s’attarde dans la salle du bas, où cohabitent œuvres achevées, inachevées, briques descellées, poussière, escabeau, entrepôt de vieux radiateurs. Le tout arpenté par quelques artistes du collectif, qui produisant, qui bossant, qui glandant. Si l’espace n’était pas fermé, on pourrait toucher à l’essence même du Street art (quoi que nombre des artistes produisent aussi en extérieur, créant leurs propres parcours à la Banksy à expérimenter bientôt) : on y trouve pêle-mêle graffitis, œuvres graphiques, stickers, affiches à message comme mentionnées plus haut, mais aussi dessins, installations… Ou bricolages, parfois.

Mentionnons parmi ce fouillis organisé la série des ‘Nightmares’, signée Pure Evil, toiles d’inspiration Pop’art bi ou tricolores ; les affiches, disponibles à la vente, disposées dans de grands classeurs, dont celles de Nychos – pour ne citer que lui de manière très subjective – qui reprend des esthétiques tirées du monde des comics (combinées à une « heavy metal attitude » pour reprendre le site web de la galerie) ; les trompe-l’œil de petites dimensions de Pablo Delgado, disséminées dans la galerie, créées à base de collages, de peinture (ou de craie) appliquée aux murs et au sol, utilisant les étrangetés de l’espace (comme les briques descellées du sous-sol) ; du graffiti art, à même les murs au moyen de pochoir ou sur support indépendant ; ou encore la peinture sur cannettes de My dog sighs, déjà vu à la Signal gallery – pour ne citer que ces exemples parmi le fourmillement de productions et d’artistes abrités ici par Pure Evil. Leurs thématiques sont plurielles, abordant des sujets légers comme sérieux, présentant entre autre de nombreux détournements politisés – comme l’affiche Death Planet, où la planète Terre se voit affublée de l’esthétique de l’Etoile Noire de Star Wars – alors que d’autres travaux ne sont parfois que des tests, pas toujours aboutis, toujours intéressants néanmoins quand l’on souhaite prendre en compte les recherches personnelles des artistes pour comprendre leur œuvre.

Ainsi que nous l’avons déjà mentionné, l’activité du collectif n’est pas concentrée dans la galerie, répondant au besoin de rue et de production sauvage à la base du Street art : citons Roa comme exemple, auteur du « Bird » croisé quelques semaines plus tôt à Brick Lane, après notre visite de Whitechapel gallery ; l’artiste sème aussi des lapins, des rats, des écureuils et autres animaux – ou monstres – géants dans un style gravure sur les murs de Londres. Pure Evil ne concentre pas non plus son activité de promotion dans les arts plastiques, puisqu’un studio d’enregistrement se trouve lié à la galerie… Creative minds are rarely tidy.

http://www.pureevilclothing.com/indexgallery.html

Pure Evil Gallery

108 Leonard st

London EC2A 4RH

Ouverte tous les jours de 10h à 18h.

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A propos Al'

Exilée outre-manche, plongée dans ces cultures alternatives dont elle se targue de faire partie, Alice, ou Marion, ou Leopold traine les rues londoniennes telle un Jack l’Eventreur aux intérêts esthétiques et artistiques quasi schizophrènes. Spécialisée dans le XVIIIe siècle et l’époque victorienne, addict au street-art contemporain et aux églises médiévales, passionnée par les lieux de création atypiques (les pubs ?) et les médias pas toujours reconnus comme artistiques (les jeux vidéo ?), n’en concluez pas pour autant qu’elle n’est qu’une punk-nerd-alcoolique : c’est presque faux, elle prépare aussi son futur doctorat :).

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